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Tête plate du bébé

La plagiocéphalie (du grec « plagios » signifiant oblique et « kephalé » pour tête) est classiquement décrite comme une déformation asymétrique du crâne caractérisée par un aplatissement de sa partie postérieure. Elle est donc plus communément appelée « tête plate ». 

Elle concerne de plus en plus de bébés depuis la campagne de 1992 qui recommande de faire dormir les bébés sur le dos pour prévenir la mort subite du nourrisson. Si, depuis, cela a permis de réduire de 50 % cette catastrophe, il y a une augmentation de 400 % du nombre de bébés présentant une tête plate.

D’après la Société Canadienne de Pédiatrie, le pourcentage de bébés est de 16% à 6 semaines, 19,7% à 4 mois, 6,8% à 1 an et 3,3% à 2 ans. On voit d’emblée que ces chiffres sont rassurants puisque ce pourcentage est minime à 2 ans fort heureusement.

La plagiocéphalie la plus répandue est la plagiocéphalie positionnelle ou encore dite posturale qui est, comme son nom l’indique, liée en grande partie à la posture du bébé (voir la page explications/cas du site de la clinique).

Il faut aussi comprendre que le crâne du bébé peut se « mouler » en fonction des contraintes qu’il reçoit (car beaucoup plus « mou » que le crâne adulte) et se déformer d’autant plus que le périmètre crânien du bébé grandit de 2 cm par mois dans les trois premiers mois! Un bébé qui est trop souvent sur le dos et qui tourne la plupart du temps la tête d’un côté a de très forts risques d’avoir son crâne s’aplatir en arrière à droite.

Si le torticolis reste le principal responsable des plagiocéphalies, il n’est pas le seul à incriminer car un manque de stimulation de mouvements de tête est un facteur d’installation de la tête plate d’où l’importance de varier la position de la tête et d’en stimuler les mouvements. Parfois aussi, la tête plate s’explique aussi par l’« histoire » de la grossesse et le déroulement de la naissance. En effet, même les bébés sans troubles de posture peuvent développer une plagiocéphalie, la cause est donc antérieure à sa naissance.

Les causes admises par la communauté scientifique peuvent apparaître dans différentes circonstances: avant, pendant et après l’accouchement:

  • Pendant la grossesse: mauvaise position du bébé (siège, transverse ou engagé trop tôt), manque de liquide amniotique, manque de place dans l’utérus, grossesse multiple, alitement de la maman, engagement précoce du bébé;
  • Pendant l’accouchement: travail trop long, maman avec bassin étroit, mauvaise présentation du bébé, passage difficile du bébé, utilisation d’instruments (forceps, ventouse..), prématurité;
  • Après l’accouchement: manque de mobilité globale du bébé, torticolis, existence d’une rotation préférentielle de la tête du bébé, position prolongée sur le dos, trop peu de temps d’éveil sur le ventre, manque de portage, bébé nourri toujours du même côté ou cododo du même côté. 

Si une plagiocéphalie est observée, pas de panique car les solutions existent. Il conviendra de consulter votre médecin en premier lieu pour assurer le suivi médical qui fera l’orientation nécessaire.

Pour en assurer l’évolution de manière objective, il est pertinent de prendre une photo du crâne de votre bébé lorsqu’il est couché sur le dos après le bain s’il a beaucoup de cheveux et de relever quelque peu sa tête pour photographier l’ovale de sa tête. En effet, une photographie prise aux 2 ou 3 semaines permet de constater l’évolution qui sera alors quantifiable par les professionnels de santé et non plus uniquement subjective!

Enfin, si bébé présente un « torticolis » (qui est diagnostiqué par le médecin), bien souvent bébé tourne sa tête d’un côté et l’incline de l’autre à cause d’un muscle trop « fort ». Le torticolis se définit du côté de l’inclinaison donc dans le cas d’un torticolis droit, bébé incline sa tête à droite tout en la tournant à gauche donc avec un risque accru de tête plate en arrière à gauche. Ceci est dû à un muscle très « fort » à droite.

Outre la consultation de professionnels expérimentés avec les bébés, il sera absolument nécessaire de faire des « petits exercices » de stimulation ou de posture. La consultation à elle seule ne suffit pas, c’est un travail d’équipe !!

Il sera nécessaire dans le cas du torticolis droit de stimuler le muscle moins « fort » soit le muscle gauche.

Il sera intéressant alors de placer votre bébé sur son côté droit et de le stimuler à relever sa tête sur le côté par des stimulations.

Il sera tout aussi pertinent de le porter souvent dans vos bras tête calée dans votre coude et bien installé sur son coté droit pour stimuler le muscle gauche et « étirer » le muscle droit « fort » qui incline trop la tête de bébé. Les bébés adorent cette position.

Finalement, il faut voir ces exercices comme des petits jeux qui aideront grandement bébé et ne les faire que quand bébé les acceptent car ce n’est pas le bon moment pour lui! Fréquemment, il faut les pratiquer souvent et peu pour être acceptés par bébé.

Naturellement, ces exercices ne substituent pas à la physiothérapie qui peut établir un programme d’exercices. L’ostéopathie et la physiothérapie se complétant mutuellement.

Enfin, lorsque vous faites de courtes ballades ou bien encore lors de tâches à la maison, privilégier le portage : aucun appui sur la tête durant ces temps-là.